Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu. - Antoine Albalat

mercredi 24 mai 2017

Des mots de tête - Les Imaginales 2017


Affiche Imaginales 2017
Affiche du festival Les Imaginales 2017, sur le thème « Destinations »
réalisée par l'illustrateur Julien Delval


Du 18 au 21 mai, se sont déroulées les fameuses Imaginales ! Depuis plusieurs années (depuis que je fréquente Cocyclics, en fait), j'entendais parler de ce célèbre salon littéraire avec beaucoup d'enthousiasme, sans savoir de quoi il en retournait vraiment... jusqu'à ce week-end ! Durant lequel j'ai enfin pu comprendre pourquoi ce festival ameute les foules !

Les Imaginales, c'est un salon dédié aux littératures de l'imaginaire, et plus particulièrement à la littérature fantasy. Créé en 2002, le festival se déroule chaque année dans la ville d’Épinal, dans les Vosges. C'est l'un des premiers salons internationaux des littératures de l’imaginaire et le principal consacré à la fantasy. On y trouve bien sûr des auteurs et des illustrateurs, mais également des artisans. De nombreuses animations sont proposées : des conférences, des expositions, des déjeuners avec des auteurs, des spectacles, des jeux, des ateliers d'écriture, etc. Chaque année, plusieurs prix littéraires sont également décernés (comme le « Prix Imaginales », qui récompense les meilleurs romans de fantasy, dans plusieurs catégories)

Bulle du livre Imaginales
Photo prise dans la « Bulle du Livre » où sont rassemblés les auteurs et les stands des maisons d'édition

Après en avoir tant entendu parler, j'étais très contente de me rendre pour la première fois aux Imaginales cette année ! Vendredi matin, départ du Nord de la France en compagnie de ma marraine-filleule Amzil, pour près de cinq heures de route (le papotage intensif nous a donné l'impression d'une route bien plus rapide) Après un détour par notre chambre d'hôtes, nous sommes malheureusement arrivées trop tard sur le salon, la plupart des auteurs étaient déjà partis. Mais nous avons quand même pu en rencontrer quelques-uns ! J'ai ainsi pu faire ma première acquisition du week-end, Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro (que j'attendais avec beaucoup d'impatience). Mais j'ai aussi pu revoir Franck Dive (auteur de Pérismer) ainsi que la sympathique équipe d'Etherval.

J'ai également pu papoter tranquillement avec Aurélie Wellenstein (Le Roi des Fauves, Les loups chantants - entre autres). Aurélie a été élue coup de cœur Imaginales de cette édition 2017. C'était presque mission impossible de la voir tranquillement le reste du weekend : elle était très sollicitée, de partout !  On a donc eu de la chance de la croiser le vendredi soir.

La journée du samedi a été particulièrement riche en émotions et en activité ! Tout a commencé avec la rencontre de plusieurs grenouilles (surnoms des membres de Cocyclics), dont ma chère marraine Panthera. Qui a su me reconnaître grâce à mon signe distinctif : la fameuse écharpe aux Pikachu :) 

" "
Pactiser avec l'Empire, c'est fait !

Les rencontres, mais aussi les retrouvailles, s'enchaînent à une vitesse folle. Les conversations et les rires vont bon train. Bonne humeur garantie ! Entre deux sessions de bavardages grenouillesques, j'ai le temps d'assister à deux cafés littéraires dans les Magic Mirrors. La première conférence, « Quand les héros de fantasy rencontrent leur destin », donne la parole à Pierre Pevel, Jean-louis Fetjaine, Pierre Bordage et Gregory Da Rosa. La deuxième, « Dans l’imaginaire, les animaux ne sont pas toujours nos amis ! », est animée par Charlotte Bousquet, Fabien Fernandez, Jean-Luc Marcastel et Estelle Vagner. Deux conférences assez différentes, mais très intéressantes à écouter.

Le temps du samedi après-midi s'avère propice à une promenade à travers les étals du marché de l'imaginaire. Les exposants vendent des merveilles, difficile de résister ! Je craque finalement pour un joli marque-page de l'illustratrice Maryline Weyl, « Chats, charmes et sorcelleries ». Qui accompagnera très bien mes acquisitions du week-end !

En effet, n'oublions pas pourquoi nous sommes venues ! Dans l'après-midi, je fais des allers-retours dans la « Bulle du Livre » pour faire mes emplettes. Malgré la foule, les auteurs sont abordables, chaleureux et souriants (pour la très grande majorité). Je rencontre enfin (!!) Jean-Louis Fetjaine, dont la Trilogie des Elfes m'a beaucoup marquée (un de mes livres de référence!), mais je suis un peu vite expédiée... Un peu déçue, je suis réconfortée par la gentillesse de Lionel Davoust (dont j'attendais La Messagère avec envie !) et de Jean-Philippe Jaworski. J'ai aussi la chance de discuter avec Francis Berthelot, très sympathique, dont le livre Khanaor figure parmi mes préférés (raaah, quel dommage de ne pas avoir pensé à le rapporter pour le faire dédicacer !) J'ai en revanche pu faire dédicacer mon exemplaire d'Iceltane, par son auteure Célia Flaux, mais également par l'illustratrice de la couverture, la talentueuse Sabrina Tobal (qui était bien occupée à peindre la jolie fresque des Imaginales).

Le lendemain, ma déception est définitivement oubliée grâce à la sympathie de Grégory Da Rosa, qui a su me donner très envie de lire son livre pendant la conférence Quand les héros de fantasy rencontrent leur destin ! C'est donc sur cette note plus que positive – avec dédicace personnalisée et énigme pour déjouer les fils de l'intrigue de Sénéchal – que je reprends la route du retour avec Amzil.

Dédicace d'Iceltane par Sabrina Tobal
La dédicace illustrée de Sabrina Tobal

Mais j'ai encore des choses à vous raconter ! Samedi soir, c'était une soirée spéciale grenouilles, puisque les membres de Cocyclics se retrouvaient pour partager une pizza. Une soirée géniale quoiqu'un peu bruyante (pas facile de s'entendre discuter quand une cinquantaine de grenouilles coassent en même temps !) J'ai pu y retrouver avec bonheur les copines que j'avais déjà rencontrées à l'anniversaire « 10 ans de Cocyclics » (tout particulièrement ma chère marraine Ifuldrita, à côté de qui j'étais infiniment heureuse d'être installée au restaurant ; ainsi qu'Ardawal, mon autre voisine de table, que j'ai pu apprendre à connaître davantage durant ce week-end) ! J'ai également pu rencontrer et papoter pour de vrai avec les copines grenouilles que je ne connaissais pas encore IRL (depuis le temps que j'attendais ça !)

La soirée était bien évidemment trop courte, le temps a passé à une vitesse folle, et je n'ai pas pu bavarder aussi longtemps que je l'aurais voulu, ni avec autant de grenouilles que je l'aurais désiré. C'était tout de même un moment riche de partage !


Au final, cela résume bien mon état d'esprit, une fois rentrée : ce week-end est passé beaucoup trop vite ! Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai l'impression d'avoir raté beaucoup de grenouilles avec qui j'aurais aimé discuter, ou de ne pas avoir assez papoté avec celles que j'ai rencontrées. J'ai l'impression d'avoir manqué plein de chouettes conférences, de ne pas avoir assez profité des expositions et animations... Et pourtant, ce fut un week-end vraiment extraordinaire ! J'ai hâte d'y retourner !

Livres achetés aux imaginales 2017
Mon précieux butin !

Post-scriptum : La chronologie et l'exhaustivité des évènements s'étant déroulés ce week-end ne sauraient être parfaitement exactes ; tant c'était un bouillonnement d'activités et de rencontres... :}


Adèle Weiss - Des mots de tête 

mardi 2 mai 2017

Le doute et l'écrivain


Ordinateur et bougie

Le pire ennemi de l'écrivain, c'est très certainement le doute. Cette petite voix insidieuse qui vous murmure à l'oreille que vous n'y arriverez jamais, que votre histoire n'est pas originale, que personne ne sera intéressé par votre roman...  Le doute, c'est comme le bourdonnement désagréable et persistant d'un insecte qui vous tourne autour. Vous avez beau secouer la tête pour chasser les idées négatives, le doute finit toujours par revenir vous taquiner.

      L'écrivain et ses différents ennemis

Pour mener à bien ses projets, l'écrivain doit affronter une horde d'ennemis. Si vous êtes comme moi, accaparés par une vie bien remplie et pas toujours compatible avec l'écriture, vous savez très certainement que l'écrivain doit s'armer de patience et composer avec les aléas du quotidien. S'il veut pouvoir concrétiser ses projets, l'écrivain doit réussir à dépasser le manque de temps (ou le manque de disponibilité mentale – c'est-à-dire ne pas avoir l'esprit à l'écriture – ce qui est pire encore que le manque de temps, à mon avis). Il faut essayer de s'aménager des créneaux horaires dédiés à l'écriture, et essayer de s'y tenir. Parfois, plus que le manque de temps, c'est la flemme ou la procrastination qui a raison de l'écrivain. Il faut alors se faire violence, quitte à demander de l'aide à un ami.

Mais, vous est-il déjà arrivé de ne pas réussir à écrire, alors même que les conditions optimales étaient réunies ? Vous aviez du temps, de la disponibilité, vous aviez un projet sous la plume, vous étiez encouragé.e par vos amis ou votre entourage, vous étiez motivée et vous aviez envie d'écrire... mais, bizarrement, vous n'avez pas réussi à aligner plus de quelques mots. Tout un tas de raisons peuvent sans doute l'expliquer. Mais peut-être avez-vous simplement commencé à douter de vous ou de votre histoire ?

      Le doute, le pire ennemi de l'écrivain ?

Le doute peut être bénéfique, car il nous pousse à nous remettre en cause. Il nous invite à rester vigilant. À ne pas être trop confiants, trop sûr de nous-mêmes. Parfois, on se met à douter pour de bonnes raisons - qui n'a jamais douter de l'utilité d'une scène, de la cohérence d'un évènement ou d'un personnage, et à raison ? Parfois, le doute nous aide à améliorer les choses bancales de notre histoire. Il nous permet d'identifier les problèmes et de les dépasser.

Mais parfois, le doute n'a pas lieu d'être. Nous l'éprouvons quand même, nous nous remettons en cause sans raison, et nous tendons vers un perfectionnisme qui finit par nous paralyser. Les personnes sensibles, qui manquent de confiance en elles et/ou qui aiment le travail plus que bien fait, finissent par ne voir que le verre à moitié plein. Alors que les conditions sont idéales pour l'écriture, elles s'enferment dans une réflexion négative à propos de leur travail et n'écrivent pas.

À tort, nous laissons notre manque de confiance prendre le dessus. En ce sens, il n'y a pas pire pour l'avancement d'un projet que l'écrivain qui ne croit pas en ses capacités. S'il ne croit pas en lui, qui prendra la plume à sa place ? Personne.

      Pour quelles raisons l'écrivain doute-t-il ? Comment y remédier ?

On peut douter de plein de choses, quand on écrit ! J'ai l'impression que beaucoup d'écrivains doutent de l'originalité de leur histoire – et par extension de l'intérêt de leur histoire. Certains baissent les bras parce qu'ils pensent que leur projet n'intéressera personne, que tout a déjà été dit et que leur contribution est vaine. Ce n'est pas vrai ! Chaque histoire vaut la peine d'être racontée, ne serait-ce que parce que vous la raconterez avec vos propres mots, votre propre manière. Il peut être intéressant de rejoindre des communautés d'écrivains pour partager ses doutes, pour être rassuré, et pour voir qu'on est pas tout seul à avoir ces interrogations-là (et je recommande bien évidemment Cocyclics pour ceux qui écrivent dans le registre de l'imaginaire - qui m'a beaucoup aidé (et m'aide encore) à surmonter mes doutes d'auteure débutante). 

Le doute peut aussi frapper le style de l'écrivain, la façon dont il écrit. L'écrivain doute alors de sa capacité à raconter quelque chose. Ou alors, l'écrivain peut se mettre à douter de la cohérence de son histoire, de la profondeur de ses personnages... Dans ce cas de figure, il peut être intéressant de se confronter à l'avis d'autres personnes, d'autres auteurs - pour être rassurés... ou pour prendre le problème à bras-le-corps (Qu'est-ce que la bêta-lecture ?). 

Les origines du doute sont nombreuses. On devine principalement un manque d'assurance, de confiance en soi, une volonté de trop bien faire, une peur de l'échec ou un manque de reconnaissance. C'est donc du côté de la personnalité de l'écrivain qu'il faut creuser. Il est probable que l'écriture ne soit pas la seule activité à être affectée par le doute. Les livres de développement personnel (qui apprennent à gérer les émotions, à mieux se connaître, à valoriser les qualités et talents de la personne, etc.) peuvent être une piste. Personnellement, la lecture de L'art de se gâcher la vie de Marie Andersen m'a beaucoup appris en début d'année, quand je n'arrivais pas à lâcher prise (pour l'écriture, mais aussi dans mon quotidien en général). On m'a aussi beaucoup recommandé Comme par magie, d’Elizabeth Gilbert (avis disponible sur La Nife en l'air ou La plume d'Aemarielle).


         En tous les cas, pour ne pas rester paralysé par les doutes, c'est un travail à faire sur soi. Il faut essayer de comprendre les raisons de nos doutes, pourquoi on s'y enferme et pourquoi il est parfois plus "confortable" d'y rester que de se retrousser les manches. Il faut apprendre à se faire un peu plus confiance, à se dévaloriser un peu moins, à relativiser et à écouter ceux qui manifestent de l'intérêt pour nos travaux. Ce n'est pas simple... mais qui a dit que l'écriture était simple ? :)     


Au plaisir de vous lire,
Adèle Weiss - Des mots de tête