Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu. - Antoine Albalat

dimanche 7 juin 2015

Le Silence de la Cité d'Elisabeth Vonarburg


Le Silence de la Cité Vonarburg

Cinq fleurs : Je suis conquise



Titre : Le silence de la cité
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Genre : Science-fiction
Année de parution : 1983
Nombre de pages : 334 pages (pour l'édition Alire, 2007)

Quatrième de Couverture : Plus de trois siècles se sont écoulés depuis les catastrophes climatiques de la fin du second millénaire et les héritiers de la civilisation détruite, de plus en plus rares et de plus en plus désaxés, vivent dans une Cité souterraine avec leurs doubles technologiques. Dernière enfant de cette Cité, Élisa est une petite fille aux capacités physiques étonnantes ; fruit des expériences génétiques de Paul, elle annonce une humanité résolument nouvelle. Mais Élisa saura-t-elle se libérer du passé qui l’a littéralement modelée et, du même souffle, en libérer ses nombreux enfants ? Et qu’en sera-t-il des hommes – et surtout des femmes – qui, hors les Cités, ont survécu à la barbarie et aux mutations de toutes sortes ?

Informations en vrac : Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je suis une lectrice-escargot. Il n'est pas rare que je mette plusieurs semaines (voire mois) à lire l'intégralité d'un livre, même s'il me plaît. Et il peut s'écouler encore davantage de temps entre deux lectures d'ouvrages. Mes deux premiers billets sont donc, étrangement, peu représentatifs de mon profil de lectrice. D'autant plus que je ne lis pratiquement jamais de SF. Ces précisions étant données, il est temps que je vous parle du Silence de la Cité. Après avoir lu Chroniques du Pays des Mères, j'ai souhaité en apprendre davantage sur son auteure. Quelques recherches suffisent pour entendre parler de son premier ouvrage, à lire comme une préquelle. Bien qu'il ait été écrit avant, le Silence de la Cité a été retravaillé après la sortie des Chroniques du Pays des Mères, et les avis convergent pour dire qu'il vaut mieux lire le Silence de la Cité après s'être attelé aux Chroniques du Pays des Mères. Et je suis assez d'accord avec ce conseil.

Les thèmes abordés sont assez variés, mais souvent en filigrane de l'histoire principale (comme les désastres écologiques en toile de fond). Le thème principal, selon moi, c'est l’ambiguïté des relations créateur/créature, géniteur/progéniture ou parent/enfant, leurs évolutions à travers le temps, mais aussi l'évolution des personnages qui se définissent par rapport à ces deux positions, successivement occupées. La liberté de choisir - ou de ne pas choisir - et les conséquences de ses agissements sont aussi une composante centrale du livre.

Ce que j'en ai pensé : Le Silence de la Cité se lit très différemment des Chroniques du Pays des Mères. C'est un livre que j'ai trouvé beaucoup plus abordable que son prédécesseur, avec un style très fluide, très dynamique, qui coule tout seul. Si c'est le développement de l'univers qui m'a captivé dans le premier livre (au détriment de l'histoire de Lisbeï, que j'ai trouvée secondaire), c'est bien l'intrigue et les aventures d’Élisa qui m'ont intéressée dans le Silence de la Cité. Et ce qui m'a surtout tenue en haleine, de bout en bout, ce sont les multiples références aux Chroniques du Pays des Mères. Beaucoup d'évènements relatés dans ce premier livre m'avaient échappé, car ils étaient trop peu développés ou trop complexes pour être compris à la première lecture. Le Silence de la Cité est en complète interaction avec les Chroniques du Pays des Mères et nous fournit des réponses claires à certaines questions, ou alors des pistes de réflexion ou de compréhension. Et ça, j'ai vraiment beaucoup aimé.

Cette relation entre les deux œuvres a donné une réelle profondeur au Silence de la Cité, profondeur qui n'est sans doute pas visible pour le lecteur qui le lirait avant les Chroniques. Le parcours d’Élisa, même s'il est intéressant en soi et suffit à faire du Silence de la Cité un bon livre de Science-fiction, peut paraître dénué d'enjeux véritables. Contextualisé avec les évènements des Chroniques, le parcours de la jeune femme prend de l'ampleur, tisse une toile bien plus grande que celle aperçue dans le Silence de la Cité, et vient également clarifier de nombreuses zones d'ombres des Chroniques du Pays des Mères.        
             
 
Mon avis en quelques mots : J'ai lu ce livre en seulement quatre jours. J'ai beaucoup accroché à l'histoire et à son héroïne, mais j'ai surtout adoré les références aux Chroniques du Pays des Mères. Ce n'est donc pas un livre que je vous conseille, mais deux. En espérant que vous les aimerez autant que moi.

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